Chapitre 9 – L’eau, source de vie

Chapitre 9


L’eau, source de vie

Le corps de votre chiot, comme le nôtre, est composé d’atomes de carbone, d’hydrogène, d’oxygène, d’azote pour deux dixièmes de son poids. Le reste, à part quelques traces de métaux ou de molécules diverses, soit huit dixièmes, c’est de l’eau ! Un chien de dix kilos contient huit kilos de ce liquide.

Malheureusement, les reins, filtres chargés de nettoyer en permanence cette eau vitale, fonctionnent assez mal chez le chien. Nous avons là son principal point faible. Les chiens âgés souffrent avant tout d’insuffisance rénale, leur corps s’empoisonne petit à petit. Vous avez donc l’impérieuse obligation de faciliter le travail de votre ami, en lui permettant de boire à volonté.

Si un jour, au cours de son existence, votre chien manque d’eau, vous affaiblirez définitivement ses reins. En conséquence, vous diminuerez la durée de sa vie…

La régulation thermique

Bien sûr, un chien réclame plus d’eau en été qu’en hiver. Mais rien ne ressemble plus à une température de 25°C à l’extérieur en été au soleil, qu’une température de 25°C en hiver dans un appartement chauffé et bien sec.

Le chien sue au travers de sa peau, mais peu. Chez lui, la régulation thermique s’effectue par la respiration. Lorsque sa température interne s’élève, il se met à respirer plus rapidement, la gueule ouverte et la langue déployée. Ce halètement provoque une évaporation accélérée, et donc un refroidissement de la salive qui couvre l’intérieur de sa gueule. L’air inspiré, passant dans une conduite plus froide, rafraîchit l’intérieur des poumons. En même temps, les canaux qui tapissent la langue et tout l’intérieur de la muqueuse de la bouche emmènent dans le flux sanguin un peu de cette fraîcheur.

On comprend bien pourquoi cet animal a besoin de disposer de liquide : son corps emploie beaucoup d’eau pour assurer l’équilibre thermique. Contrairement à lui, nous souffrons moins du chaud. Imaginez qu’on vous oblige à porter une épaisse fourrure à toute heure du jour ou de la nuit, y compris au plus chaud de l’été ! Votre chiot ne peut pas se mettre en slip de bain s’il souffre de la chaleur. S’il partage votre vie, votre voiture, votre appartement, il sera beaucoup plus souvent soumis à des températures trop élevées qu’au froid véritable.

L’eau sale

Parfois, au cours d’une promenade, vous le verrez peut-être se précipiter dans une flaque sale et nauséabonde, et y lamper quelques gorgées avec une évidente délectation. Ne foncez pas pour autant ventre à terre chez le vétérinaire !

Votre compagnon reste encore très proche de l’état sauvage. Un loup, un chacal, un renard, ne trouvent jamais au cours de leurs randonnées une gamelle bien propre emplie de Volvic ou d’eau osmosée. Néanmoins, ils survivent fort bien. Certes, les ruisseaux limpides de la haute montagne charrient un liquide de bien meilleure qualité que tout ce qui coule de nos robinets, mais les animaux sauvages ne vivent pas tous au domaine du chamois. Les forêts, les plaines, sont constellées de mares vaseuses emplies de corps plus en décomposition les uns que les autres. Or toute la faune vient s’y désaltérer, sans dommage.

N’obligez pas pour autant votre chien à boire dans toutes les flaques qu’il rencontre. En ville, près des garages, il risque d’ingurgiter beaucoup de produits pétroliers pas forcément excellents pour sa santé. Mais ne vous affolez pas s’il trempe le museau ailleurs que dans sa gamelle toujours si amoureusement récurée. Son organisme s’habituera volontiers aux eaux « naturelles ».

Chez les humains, cette faculté d’apprendre à ingurgiter progressivement de plus en plus de substances peu recommandables s’appelle la « mithridatisation » ; elle a permis au moine Raspoutine de résister longtemps à ses empoisonneurs. N’allez pas aussi loin avec votre chien ; contentez-vous de laisser son système digestif apte à digérer les choses qui existent normalement dans l’eau.

Votre bel animal, que vous voulez soigner avec tant de précautions, vous fera un jour probablement la désagréable surprise de déguster devant vous un magnifique poulet en pleine décomposition, une charogne qui vous rendra malade rien que si vous la regardez. Là encore, ne vous formalisez pas inutilement. Enlevez-lui bien sûr d’urgence tout cadavre d’animal susceptible d’avoir ingéré un appât : une souris, un rat, au voisinage d’une habitation, sont hautement suspects.

Mais si vous vivez seul dans un parc de dix hectares, si personne chez vous ne répand du blé empoisonné à l’intention des rongeurs, et si votre chien se régale de la carcasse d’un poulet qu’il vous avait chapardé deux mois plus tôt et qu’il avait enterrée sous un de vos rhododendrons, laissez-le faire. Il avale un repas bien faisandé, hautement vitaminé, précuit, dont son organisme tirera le meilleur profit. Que voulez-vous, il possède quarante-deux dents, c’est un carnivore, donc un charognard…

Comme pour l’eau, acceptez que…

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