Chapitre 6 – Soyez bienveillant

Chapitre 6


Soyez bienveillant

Vous êtes un monstre. Quoi que vous puissiez penser, faire ou ressentir, à ses yeux, à lui, qui vit au ras du sol, vous ressemblez à une montagne. Mettez-vous à sa place, et imaginez qu’un diplodocus haut comme la tour Eiffel se baisse, vous soulève à une vitesse effarante, et vous souffle énormément dans le visage. Vous aurez une idée de l’impression que vous lui donnez !

Pour le petit chiot que vous venez d’acquérir, vous ressemblez à King Kong emportant dans sa patte la frêle et blonde Dwan. Soyez donc exagérément doux, calme et amical. Abordez le futur compagnon de vos jours, le futur consolateur de vos heures noires, en gardant bien à l’esprit que ce petit être souffre assez en ce moment de sa fragilité morale et physique.

Les tests de comportement

Oubliez tout ce que vous avez lu sur les tests, qu’ils soient de Campbell, de Fox ou de tout autre chercheur expert en éprouvettes.

Celui-ci, c’est VOTRE petit. Il a besoin de tendresse, pas de test. Commencez par l’aimer avant de l’étudier. Si vous avez le privilège de pouvoir vraiment faire confiance à un bon éleveur, à qui vous avez expliqué vos besoins, et qui a pu vous trouver le chiot qui vous conviendra, vous avez déjà mis un maximum de chances de votre côté. Si vous avez choisi vous-même, en vous fiant à votre sensibilité, ou si on vous donne le chiot par surprise sans vous avoir consulté auparavant, le principe du « tout l’amour d’abord » s’impose d’autant plus.

Bien saisir un chiot

Maintenant, il va bien falloir le prendre dans vos bras, ce petit animal inconnu. Ne l’attrapez donc pas bêtement par la peau du dos sous prétexte que sa mère le transporte de cette manière : elle le punit aussi en agissant comme cela !

Ne le soulevez pas non plus par les pattes avant. Vous risqueriez de lui déboîter les articulations, encore très fragiles, du coude ou de l’épaule.

Mettez plutôt vos mains des deux côtés de sa poitrine, et vos doigts par dessous. Soulevez-le du sol comme dans un panier, sans comprimer ses côtés ou son ventre. Avec un peu d’habitude, vous placerez son centre de gravité dans ce panier, de sorte que le petit animal n’aura plus l’allure d’un airbus prêt à atterrir ou en train de décoller : il restera parfaitement à l’horizontale.

Au plus vite, reposez-le contre votre poitrine, dans la position de l’enfant qu’on berce. Devenez sa deuxième mère, son nouveau refuge. Essayez d’amortir au mieux le terrible choc de la séparation d’avec sa vraie mère, d’avec le lieu où il vient de vivre ses premières semaines.

Attention au stress de la séparation

Erhard Thierolf, concessionnaire automobile à Michelstadt, près de Francfort, lui-même éleveur, m’a raconté l’histoire de ce chiot berger allemand âgé de trois mois, qu’il venait d’acheter chez un confrère, et qui mourut au cours du trajet retour, dans sa voiture, après deux heures de route. Toutes les analyses indiquant des niveaux normaux, il fallut se rendre à l’évidence : le jeune animal était mort de stress !

Méfiez-vous donc de vous-même. Bannissez tout geste brusque, tout éclat de voix, tout ce qui pourrait épouvanter votre chiot si fragile encore. Vous aurez largement le temps, plus tard, de dépenser avec lui votre trop-plein d’énergie !

Une réprimande pour 10 000 compliments

Comme tous les êtres vivants, notre chien répond uniquement à deux moteurs : son plaisir, son déplaisir.

Pour que votre chien vous obéisse avec bonheur, employez des tonnes de tendresse, de récompenses pour ses efforts.

Ne prenez pas pour argent comptant la fameuse formule du « chien-qui-obéit pour-faire-plaisir-à-son-maître ». Comme tous les êtres vivants, si votre cador fait quelque chose, c’est pour en retirer un bénéfice. Et il comprend vite le mécanisme en deux temps face à l’homme : 1/ je fais quelque chose, 2/ mon maître me récompense. Évidemment, il fait accessoirement aussi plaisir à son maître, mais ce n’est pas son but premier.

Si un chien vous semble obéir dans le seul but de satisfaire son maître, dites-vous que vous avez sous les yeux un excellent patron : il sait retarder suffisamment sa récompense pour maintenir son chien sous pression dans l’attente de sa caresse.

Punissez très peu votre chiot…

La suite sur www.AudioTexteVideo.com