Chapitre 15 – Les problèmes classiques

Chapitre 15


Les problèmes classiques

L’aboyeur

Si votre animal aboie trop en votre présence, lancez fort, à côté de lui, à son insu, un coussin ou une peluche. Recommencez dès qu’il recommence. La surprise lui coupera la chique ! Et ce ne sera pas vous l’auteur à ses yeux : vous êtes trop loin.

Le mordilleur

Vous avez entre les mains un petit chiot souple et gentil. Votre premier devoir consiste à le décourager d’utiliser ses dents contre vous.

Ne le laissez pas vous mordiller. Aujourd’hui, ce jeu vous amuse. Demain, quand votre bébé à quatre pattes aura atteint l’âge de ses premières vraies forces, quand ses dents d’adulte seront solidement implantées, vers six ou sept mois, il fera mal, parfois même très mal. Et il demandera que le jeu continue. Il l’exigera éventuellement à coups de crocs.

Laisser un chiot mordiller revient à permettre à un enfant de s’amuser avec des allumettes : il ne mettra peut-être pas le feu à la maison, mais on augmente les risques.

Si, malgré des précautions certaines, votre chien devient un petit dragon, réagissez au plus tôt. Tuez dans l’œuf les démarrages d’agressivité vraie : serrez brièvement, durant une demi-seconde, et fortement, très fortement, son museau entre vos mains.

Les trous dans le gazon

Aussi bien entretenue soit-elle, votre pelouse abrite de nombreux hôtes, qui se nourrissent les uns des autres. L’humus naturel attire les vers de terre, qui attirent les taupes, qui attirent votre chien. Voilà un beau jouet, la taupe, pour un chiot désœuvré – ou même pour un canidé actif, qui, en liberté, se nourrit surtout de souris – et voilà un autre beau jouet, l’orvet, qui se faufile dans une ancienne galerie de mulot !

Vous ne voyez, ne sentez, n’entendez plus rien de la vie qui se déroule sous la terre. Mais votre petit animal reste très proche de la nature primitive. S’il est normalement programmé, il va chercher à observer de plus près tous ces événements cachés qui se produisent sans cesse à dix ou vingt centimètres sous lui : il va faire des trous.

Et puis un jour il va cacher aussi un peu d’aliment qu’il ne peut plus finir, histoire de disposer d’une petite réserve pour le cas où la famine pointerait, ou bien il enterrera un os trop dur que les bactéries du sol vont commencer à attendrir pour lui, ou bien encore il dissimulera un oiseau mort qu’il n’a pas le temps de déguster maintenant, et qu’il viendra rechercher lorsqu’il disposera d’un peu de loisirs et de discrétion. Dans tous les cas, il creusera votre beau gazon !

L’ennui avec le chien, c’est que, très vite, un acte non contrarié, donc encouragé, devient habituel. Cet animal n’a plus besoin ensuite d’un motif pour répéter cet acte. Dieu merci, ce mécanisme fonctionne aussi dans le sens inverse, c’est-à-dire en rééducation. Tout ce qui pourra contribuer à dégoûter votre chiot de creuser sera le bienvenu.

Remplissez les trous avec ses crottes. D’habitude, vous ne saviez pas quoi faire de ces déchets : voici un emploi inattendu, mais efficace.

Placez dans le trou plusieurs tapettes à souris armées et retournées. Puis saupoudrez de la tourbe dessus jusqu’à les recouvrir complètement : effet Guadalcanal garanti lorsque votre élève posera la patte à nouveau dans le trou.

Rebouchez le trou, recouvrez-le d’un grillage solide à mailles carrées d’un centimètre, du genre grillage à cages de lapin, que vous fixez en enfonçant, tous les cinq à dix centimètres, de longs piquets métalliques ronds pour tente de camping. Au moins votre chien ne creusera-t-il plus là. Semez du gazon. Quand l’herbe aura repoussé, le grillage disparaîtra.

La même technique fonctionne remarquablement bien si votre chiot creuse sous votre clôture pour s’enfuir : piquetez une bande de ce grillage à lapins à plat au pied de votre clôture tout autour de votre propriété, et solidarisez le grillage vertical avec la bande au sol par des attaches en fil de fer.

Enfin, si votre gazon est de petite taille, la technique du grillage fixé au sol sur toute la surface résout définitivement le problème des trous. Dans un vaste terrain en effet, on ne peut qu’intervenir après coup. Mais il ne faut pas se décourager avant l’animal. Exploitez toutes les techniques, inventez-en, soyez plus rusé que lui.

Appuyez-vous sur le principe de la résultante des excitations : « un problème attaqué par plusieurs techniques cède mieux, plus vite, et plus durablement, parce que les différentes solutions mises en œuvre multiplient leurs efficacités au lieu de simplement les ajouter ».

L’agression envers …

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