Chapitre 13 – La maternelle du chiot

Chapitre 13


La maternelle du chiot

Une bonne maternelle du chiot vise essentiellement à enseigner en souplesse deux messages : « oui » et « non ».

Le « oui » doit constituer la base de votre relation avec votre petit élève. Le « non », de son côté, vous sera très utile, sous ses divers avatars (« chut », « pfouille » !) pour interdire en urgence l’approche d’un produit ou d’un endroit dangereux. L’urgence à distance est le seul cas où vous pouvez crier : comme vous n’élevez pas habituellement la voix, votre animal sera interloqué, et s’arrêtera « tiens, qu’est-ce qui lui arrive, à mon maître? »

A son âge le plus tendre, sa mère lui a déjà enseigné quantité de choses : comment être propre, comment se taire lorsqu’il le faut, qui est la patronne et quand arrive l’heure où le restaurant ferme. Ses frères et sœurs, ensuite, lui apprennent à ne pas mordre bêtement tout ce qui bouge. Alors pourquoi stopper cet apprentissage ?

Sous le prétexte que le petit animal n’a pas encore atteint un âge suffisant, à huit semaines ou trois mois quand il arrive dans sa nouvelle maison, l’homme décrète que l’heure des apprentissages n’a pas encore sonné ! L’homme décrète d’ailleurs tout aussi arbitrairement qu’à partir de trois ou quatre ans il n’y a plus rien à faire. Mais il n’y a pas d’âge obtus chez le chien.

Donc, vous avez ramené ce petit chiot chez vous. Vous l’avez entouré de chaleur et d’attention. Si vous ne désirez pas confier sa première école à un spécialiste, vous pouvez vous-même engager quelques apprentissages. A cet âge tendre plus encore bien sûr qu’après, vous devez vous armer de tonnes de gentillesse et de patience. Et travaillez seulement par courtes périodes de 10 minutes au maximum, quand vous avez décidé de vous accorder le temps nécessaire. Pas quand vous êtes pressé.

L’exercice roi, à l’heure chiot, c’est le rappel

Le petit être découvre le monde. Il s’y brûle ou s’y pique parfois, mais il y retourne, mû par sa curiosité sans borne. Faites-lui comprendre qu’à tout instant, il doit revenir quand vous l’appelez.

Votre outil de base sera la récompense associée à la peur de vous perdre. Allez dans un lieu clos, lâchez-le et de temps à autre, rappelez-le. S’il revient, explosez de joie. S’il ne revient pas, disparaissez. Tôt ou tard, et de plus en plus tôt, il reviendra.

Récompensez largement tous ses retours. Ne le grondez surtout pas s’il n’est pas revenu tout de suite : cela l’inciterait à ne plus revenir du tout. Quand il est revenu à vous, renvoyez-le à ses jeux. Qu’il ne risque pas de penser que le retour correspond à une mise en prison.

Un bon truc : quand vous le renvoyez à ses jeux, lancez-lui en même temps un jouet appétissant, un Kong à sa petite taille dans l’idéal. Il comprendra que son retour est promesse de plus grand plaisir.

La marche en laisse

Le second apprentissage concerne la marche calme, sans tirer sur sa laisse. La marche en laisse, ce n’est jamais qu’un rappel permanent. Pratiquez-la seulement quand votre élève aime revenir vers vous.

Préférez une laisse légère de 2 mètres. Avancez lentement. Accroupissez-vous souvent quand il s’écarte de vous, pour qu’il soit tenté de revenir. Félicitez-le abondamment quand il est revenu. Relevez-vous alors et recommencez à marcher à pas lents. Comptez dix minutes pour marcher 10 mètres.

Jour après jour, l’exercice sera plus facile.

Contentez-vous de le bloquer et d’attendre qu’il revienne à vous lorsqu’il essaie de vous quitter.

Le couché

Vient ensuite le couché avec tenue de place. Limitez-vous à lui ordonner de se coucher quand il se couche de lui-même. Cet exercice réclame de la durée, or le présent livre se limite à la période d’arrivée du chiot dans votre habitation. Et félicitez-le de temps à autre quand il reste couché sur votre ordre.

Attention aux dressages inverses

C’est le plus gros piège qui menace le propriétaire d’un chiot. Je me limiterai à quatre exemples…

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