Chapitre 12 – La promenade

Chapitre 12


La promenade

« J’habite en appartement, je ne peux pas prendre un grand chien ! »

« Je pars habiter en pleine ville et je n’aurai plus de jardin. Mon teckel ne pourra plus galoper comme avant, il sera malheureux, je dois donc m’en séparer ! »

On entend répéter ces clichés-là tous les jours. Voilà où mènent les bons sentiments mal compris.

Un être vivant a besoin de bouger, certes. Mais pourquoi diable faudrait-il obligatoirement qu’un chien s’épuise à la course une fois par jour au moins ? Sa santé ne l’exige pas. De toutes façons, dans leur majorité, les chiens citadins ont droit par jour, au mieux, à trois heures de course : juste de quoi s’échauffer… Un chien de berger au troupeau parcourt en moyenne cinquante kilomètres quotidiennement, et au trot. A la fin de sa journée, qui dure du lever au coucher du soleil, il a encore droit à assurer la sauvegarde de ses moutons face aux ennemis nocturnes, loups, ours et hommes de mauvaises intentions.

Beaucoup de chauffeurs routiers emmènent un chien de berger dans leurs pérégrinations autoroutières. Au mieux, une cabine avec couchette mesure six mètres carrés, bien moins qu’un studio, aussi modeste soit-il ! Et les chiens sont ravis.

Votre chien n’a pas besoin d’espace, il a besoin de vous. Offrez-lui le plus possible votre présence, votre chaleur : même dans la plus exiguë des chambres de bonne, il sera heureux.

Le jeu pour l’équilibre

Les chiens libres qui vivent à la ferme peuvent errer dans le vaste monde. Pourquoi ne cherchent-ils pas à fuguer, mais, bien au contraire, à entrer dans la maison ? Parce qu’ils veulent rester auprès de leur maître, et se coucher sous sa chaise… Le monde alentour, à leur disposition, leur paraît fade : « Il » n’y est pas !

Maintenant, il reste que, l’animal serait-il un Yorkshire ou un mâtin de Naples, il lui faut prendre de l’exercice. Mais vous le saviez, vous y êtes prêt. Deux fois par jour au moins, vous le sortirez, quel que soit l’air du temps.

Plusieurs fois par semaine, chaque jour si vous le pouvez, amenez votre Mirza dans un grand espace où elle pourra s’ébattre follement : ce n’est pas nécessaire à sa santé physique, mais à son équilibre mental. Au travers du jeu en effet, la nature met au point toute une série de comportements-type, des attitudes de la chasse à celles de la soumission face aux dominants. Tous les psychologues savent que le jeu, en définitive, n’est rien d’autre qu’une préparation à la vie d’adulte.

Pour autant, n’obéissez pas automatiquement à votre chiot qui viendrait, en vous poussant du museau, vous obliger à jouer avec lui. C’est vous le maître, pas lui. Mais cette règle n’est pas impérative : quand mon Hero vient me chercher pour jouer, je lui obéis au moins une fois sur deux. Parce que j’aime jouer avec les chiens. Ce qui ne m’empêche en rien d’avoir une vraie et belle obéissance quand je la demande.

Pensez beaucoup plus jeu qu’effort physique et fatigue. Malheureusement pour nos chiens, notre société est très marquée par la malédiction originelle du « Tu gagneras ton Canigou à la sueur de ton front ». Elle oublie la nécessité du jeu, du plaisir gratuit.

La sortie en sécurité

Deux fois par jour au minimum, sortez votre chiot. Le chien, beaucoup plus que le chat ou le canari, c’est l’animal qui nous ramène à nos racines. Il vous oblige à retrouver les intempéries, les heures matinales et tardives où les autres dorment encore ou bien regardent leur film, et à prendre plus d’exercice physique que nous ne le souhaiterions toujours – ce qui, en définitive, profite bien à notre santé et reste indispensable à notre compagnon.

Sous prétexte que les vaccinations n’ont pas encore produit assez d’anticorps pour que votre chiot soit bien protégé contre toutes les maladies courantes, votre vétérinaire vous recommandera peut-être de ne pas le laisser marcher sur le trottoir, ou dans un lieu fréquenté par des chiens, avant qu’il ait atteint son deuxième mois. Il a raison. Car à quoi sert un chiot sûr de lui dans la rue, mais qui vient de mourir d’une gastro-entérite ? Il faut respecter les prescriptions des vétérinaires : ils veulent assurer l’essentiel, c’est-à-dire la vie.

Mais il y a un hic : avec la meilleure volonté du monde, vous…

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